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Nous sommes un organisme à but non lucratif désigné par le ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) pour planifier la gestion intégrée de l'eau du bassin versant de la rivière Maskinongé. 

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Comité aviseur de la rivière  Matambin

Portrait

 

Avec une superficie de 593 km², le sous-bassin versant de la rivière Mastigouche est un réseau complexe de lacs, formés il y a 10 000 ans lors de la déglaciation, et de cours d’eau qui drainent des territoires presque exclusivement forestiers. On y compte 1 226 lacs, le plus grand étant le lac des Îles. Les lacs Hénault et Sainte-Rose, peu profonds et bordés de milieux humides et de parois rocheuses, sont des élargissements de la rivière Mastigouche.  

Le territoire est couvert de 1 365 hectares de milieux humides cartographiés. Les milieux humides situés en terre publique sont moins menacés. Par contre, le long de la rivière Mastigouche, on trouve plusieurs milieux humides qui sont d’anciens méandres, aujourd’hui séparés du lit principal de cette rivière. Il y a davantage d’habitations dans ce secteur et une délimitation précise des milieux humides dans le sud du sous-bassin versant serait à réaliser.

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Bandes riveraines

Les municipalités du sous-bassin versant de la Mastigouche ont adopté des règlements pour la revégétalisation des rives des cours d’eau et des lacs. La municipalité de Mandeville impose une bande végétalisée de 5 mètres, et Saint-Zénon de 10 mètres. Cependant, plusieurs obstacles à la mise en œuvre de ces règlements, ainsi qu’au règlement de zonage sur les rives et le littoral sont soulignés par les municipalités :

  • Le nombre très important de lacs présents sur les territoires des municipalités ne permet pas à l’unique inspecteur municipal de contrôler les rives de façon systématique. L’emphase est mise sur les principaux lacs habités.

  • Le littoral n’est pas défini, et l’application correcte du règlement de zonage est en pratique très difficile.

  • Les riverains peinent à comprendre que les plages formées avec le temps, soit par des apports de sable, soit par l’élimination systématique de la végétation sur les sols sablonneux, font partie du littoral et de la rive et devraient être laissées en végétation.

 

Dans ce sous-bassin versant, trois plans d'eau ont été caractérisés : le lac Hénault, le lac Sainte-Rose et une portion de la partie aval de la rivière Mastigouche. Plus de la moitié des rives du lac Sainte-Rose et 40 % de celles du lac Hénault sont de qualité faible ou très faible. Les rives de mauvaise qualité sont des facteurs de dégradation de la qualité de l’eau et d’eutrophisation. Des efforts de sensibilisation des riverains restent à fournir. Devant le manque de moyens humains pour le contrôle des bandes riveraines, les municipalités pourraient collaborer davantage avec les associations de riverains dans un but de sensibilisation.

 

Biodiversité

Les poissons

Quelques frayères sont reconnues dans le sous-bassin versant de la rivière Mastigouche, dont une frayère à omble de fontaine et une frayère à maskinongé. La rivière Mastigouche est également un important corridor de reproduction pour l’éperlan arc-en-ciel. Une importante remontée d’éperlans se produit chaque année dans sa partie aval entre le lac Maskinongé et le rang Saint-Augustin à Mandeville.

L’inventaire le plus récent dans le sous-bassin versant de la rivière Mastigouche montre la présence de 17 espèces de poissons, 16 étant indigènes et 1 étant non indigène au Québec.

Tableau I. Poissons présents dans la rivière Mastigouche (M), le lac Lupien (L) et le lac Michaud (Mi)  

*  espèce non indigène

Source : Mongeau  et coll. (1981) Les poissons du bassin de drainage de la rivière Maskinongé ; Enviro-Guide A.L. (2011) Rapport de caractérisation de l’ichtyofaune pour la portion du ruisseau Georges-Lafrenière située entre le rang Lafrenière et le lac Maskinongé, Mandeville.

Dans le sous-bassin versant de la rivière Mastigouche, on dénombre, en moyenne, une traverse de cours d’eau par deux kilomètres, majoritairement des ponceaux, ce qui implique une fragmentation importante du réseau hydrographique. Mal installés, les ponceaux représentent un obstacle à la migration du poisson et donc à sa capacité de rejoindre ses habitats et de se reproduire.

Dans la ZEC des Nymphes et la Réserve faunique Mastigouche, plusieurs lacs soutiennent des populations naturelles de poissons alors que des ensemencements sont utilisés comme outil de gestion dans certains plans d’eau afin de soutenir la qualité de la pêche. Le lac Sainte-Rose a subi au cours des dernières années plusieurs ensemencements de truite arc-en-ciel, une espèce non  indigène au Québec qui pourrait diminuer les effectifs de l’omble de fontaine.

 

La tortue des bois

La tortue des bois, une espèce désignée vulnérable au Québec, est présente dans le sous-bassin versant. Il s'agit de l'espèce la plus terrestre parmi les tortues du Québec. Elle a donc besoin à la fois de milieux boisés et de cours d'eau aux rives sablonneuses ou graveleuses pour vivre. Le développement résidentiel, les routes, les carrières de sable sont autant de facteurs qui menacent son habitat.

 

Dans la zone d’occurrence de la tortue des bois, on trouve de nombreuses résidences ainsi qu’une sablière. La localisation des sites de ponte devrait être réalisée afin de déterminer si l’occupation des rives est critique pour la survie de la tortue des bois. Les milieux boisés essentiels à sa survie devraient être préservés dans la zone où des occurrences ont été observées.

 

Les castors

Il n’existe aucune gestion intégrée des barrages de castors. Le risque survient quand le barrage des castors trappés se situe en amont d’un lac habité ou d’infrastructures, telles que des routes. La rupture du barrage non entretenu peut provoquer la destruction d’une route en aval. De plus, les sédiments et les nutriments accumulés par le barrage et brutalement relargués en aval peuvent avoir un impact sur l’eutrophisation du milieu et même provoquer un bloom de cyanobactéries. Actuellement, les MRC laissent les municipalités gérer cette problématique, la plupart du temps en situation d’urgence. Une gestion intégrée des barrages de castors permettrait d’harmoniser les pratiques des différents acteurs.

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Les espèces exotiques envahissantes

 

On trouve déjà dans le sous-bassin versant plusieurs espèces végétales terrestres comme la renouée du Japon, la berce du Caucase ou le phragmite. Les riverains des lacs craignent, par contre, l’invasion par des espèces aquatiques présentent dans d’autres lacs du Québec, proches ou plus éloignés. On retrouve ainsi le myriophylle à épis à Saint-Alexis-des-Monts et plusieurs espèces exotiques envahissantes comme la moule zébrée ou le butome à Ombelle qui sont présents dans le fleuve Saint-Laurent. Le risque est surtout lié au manque de sensibilisation des usagers au lavage des embarcations et du matériel de pêche lors des changements de plans d’eau. La multiplication de sites d’hébergements (gîte, Airbnb) augmente le risque d'introduction d'espèces exotiques, car les touristes de passage ne sont pas nécessairement conscientisés à la problématique.

 

Usage de l'eau

Eau potable

 

La municipalité de Mandeville possède un aqueduc municipal qui alimente le village, ce qui représente près de la moitié de sa population. Les aires de protection bactériologiques et virologiques se situent essentiellement en zone boisée, avec peu d’activité polluante. Cependant, les routes et les terrains résidentiels à proximité de la station de pompage présentent tout de même un risque de contamination, par exemple, en cas de déversement accidentel de polluant.

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Navigation

 

Il n’y a pas de réglementation de Transports Canada sur les lacs du sous-bassin versant. Dans les territoires fauniques structurés, l’accessibilité et le type d’activité limitent la navigation aux chaloupes à moteur. Les lacs Hénault et Sainte-Rose sont des lacs comprenant beaucoup de rétrécissements peu profonds, peu propices à de grandes vitesses. Certaines baies sont envasées et la remise en suspension des sédiments favorise le développement d’algues et de cyanobactéries. Il serait intéressant dans ces lacs d’avoir un code de bonne conduite pour la navigation à distribuer aux riverains du lac et à tous les nouveaux arrivants afin de préserver la qualité de l’eau.

Il est à noter qu'il n’y a pas d’accès public dans le sous-bassin versant en terre privée. Dans les terres publiques, les territoires sont contrôlés et leur accès est payant (ZEC des Nymphes, Réserve faunique Mastigouche, pourvoiries). La rivière Mastigouche est navigable sur le tronçon en aval du dernier pont avant le lac Maskinongé. Elle est seulement accessible par le lac Maskinongé.

 

Espace de liberté

Espace de liberté

Une rivière est un milieu de morphologie variable. Au fil des ans et des décennies, les phénomènes d’érosion et de sédimentation naturels modifient ses méandres. Les délaissés de la Mastigouche, qui sont d’anciens méandres aujourd’hui déconnectés de la rivière, témoignent de ce phénomène. L’espace présent et futur occupé par la rivière est appelé espace de liberté du cours d’eau. Toute habitation ou infrastructure situées dans cet espace de liberté est vouée à une lutte sans fin pour contrer les phénomènes d’érosion et de sédimentation naturels en plus des inondations.

Une meilleure compréhension du fonctionnement de la rivière permet de déterminer quelles sont les solutions les plus viables, notamment, dans un contexte de changements climatiques.

Érosion

 

Les berges de la rivière Mastigouche possèdent des zones de haut talus constitués de sols loameux et sablonneux instables. Elles sont donc sensibles aux glissements de terrain. La présence d’une route en haut du talus ainsi que d’une maison implique un risque important pour la sécurité publique.

pour en connaître plus sur l'histoire de la vallée de la rivière Mastigouche

Consultez les capsules vidéos ci-dessous

 

Changements climatiques

Le tableau suivant résume les problématiques qui pourraient être créées ou accentuées par les changements climatiques dans le sous-bassin versant de la rivière Mastigouche.