Association de la gestion intégrée de la rivière Maskinongé

48 rue Beausoleil, Ville Saint-Gabriel (QC) J0K 2N0

Tél : 450-752-4868

Fax : 450-752-9293

info@agirmaskinonge.com

     Lundi au vendredi 9h00-16h00

  

  • Facebook Social Icon
  • YouTube Social  Icon

© 2019 Tous droits réservés | Association de la gestion intégrée de la rivière Maskinongé

COMITÉ AVISEUR DU LAC MASKINONGÉ

TERRITOIRE

Portrait général

Avec une superficie de 66 km²,  le sous-bassin versant des environs immédiats du lac Maskinongé est formé du lac Maskinongé et des ruisseaux qui l’alimentent. On y compte 76 lacs, le plus grand étant le lac Maskinongé, et 91 hectares de milieux humides cartographiés. Le sous-bassin versant du lac Maskinongé comprend quelques terres agricoles le long des ruisseaux Hersey et Lafrenière.  


Les attraits touristiques du lac Maskinongé ont été remarqués dès le début du XIXe siècle. Le lac Maskinongé ainsi que d’autres lacs du secteur de Brandon ont été aménagés pour permettre la villégiature, avec pour effet le déboisement et l’artificialisation des rives.

Carte_LacMaski-1.png

Milieux humides

Le lac Maskinongé abrite plusieurs espèces de poissons de pêche sportive. Les herbiers présents le long de ses rives, les milieux humides qui le bordent au nord, constituent des habitats importants pour la faune aquatique. De nombreux milieux humides sont présents le long de la rivière Mastigouche. Cette zone ainsi que l’exutoire du lac, dans le secteur de Pointe-aux-Ormes, constituent les plaines d’inondation du lac Maskinongé. Ces secteurs renferment des sites de reproduction pour les poissons et sont des habitats essentiels pour les amphibiens. Les milieux naturels entre la rivière Matambin et la rivière Mastigouche, situés en grande partie dans le camping La Baie, sont bien conservés et des sentiers y sont aménagés à l’intérieur du camping. 


Le développement résidentiel s’est effectué par remblai des milieux humides et dans des zones inondées chaque année. L’absence de délimitation de la ligne des hautes eaux est problématique pour la mise en application du règlement de zonage de la municipalité de Mandeville. Cette zone a un rôle régulateur majeur pour les inondations et un rôle prépondérant pour la biodiversité. La récurrence des inondations et la présence des milieux humides indiquent qu’elle se situe en grande partie dans le littoral du lac et de la rivière Mastigouche. Les développements résidentiels devraient y être interdits.

 
 

BIODIVERSITÉ

Les poissons

Le lac Maskinongé abrite plusieurs espèces de poissons de pêche sportive. Les herbiers présents le long de ses rives etles milieux humides qui le bordent au nord constituent des habitats importants pour la faune aquatique. Le lac Maskinongé a été abondamment ensemencé jusqu’en 2004. Une tentative d’introduction du touladi a été réalisée avec l’aménagement de frayères pour cette espèce, mais il semble que le lac Maskinongé ne réponde pas aux exigences de l’espèce et le touladi ne se reproduit pas dans le lac. L’achigan à petite bouche, tout comme le maskinongé, est une espèce indigène du lac qui y vit et se reproduit. Le doré jaune a été introduit en 1957 dans le lac Maskinongé, où il s’est bien implanté et où il se reproduit. Un spécimen de grand brochet a été capturé à la seine en 2013 dans la rivière Maskinongé, ce qui indique que cette espèce, introduite, a continué à se reproduire.

L’inventaire le plus récent dans le sous-bassin versant des environs immédiats du lac Maskinongé montre une présence de 35 espèces de poissons, tous indigènes au Québec.

Tableau I. Poissons présents dans le lac Maskinongé et ses affluents (M), le lac de la Pompe (P), lac Labrecque (L), lac Hersey (H) et le cours d’eau Georges-Lafrenière (G)  

*  espèce non indigène

Source : Mongeau  et coll. (1981) Les poissons du bassin de drainage de la rivière Maskinongé ; Enviro-Guide A.L. (2011) Rapport de caractérisation de l’ichtyofaune pour la portion du ruisseau Georges-Lafrenière située entre le rang Lafrenière et le lac Maskinongé, Mandeville.

Principales espèces de poissons présentes dans le lac Maskinongé

Les espèces exotiques envahissantes

 

Le lac Maskinongé étant un lac public, il reçoit beaucoup de bateaux qui proviennent d’autres plans d’eau. Le risque de contamination par des espèces exotiques envahissantes est donc important, et d’autant plus que le fleuve Saint-Laurent est proche. Le comité de lac formé de responsables des municipalités riverains a mis en place une inspection visuelle des embarcations au niveau des deux débarcadères publics. Cependant, le risque persiste et des efforts supplémentaires de sensibilisation, ou une station de lavage des bateaux, seraient utiles.

QUALITÉ DE L'EAU

Cyanobactéries et eutrophisation

 

Le lac Maskinongé connaît annuellement des blooms plus ou moins importants de cyanobactéries depuis 2004. L’apparition d’algues filamenteuses est également un signe de charges importantes en nutriments, notamment en phosphore. On trouve régulièrement des algues filamenteuses en différents points des berges durant l’été.

 

Les origines des charges en phosphore sont diverses. La rivière Mastigouche apporte des charges majoritairement liées au déboisement et aux sablières, alors que la rivière Matambin, pourvue d’une zone agricole dans la partie la plus en aval de son bassin versant, entraîne les polluants d’origine agricole vers le lac. Le ruisseau Comeau prend en charge l’égout pluvial de Saint-Gabriel et les charges qui sortent de ce cours d’eau sont principalement dues aux eaux de ruissellement de la ville.

Contamination de l'eau de surface

Des analyses montrent une contamination par des coliformes fécaux au ruisseau Comeau, particulièrement quand les pluies sont abondantes. Les apports sont également importants en phosphore et en sédiments. Le ruisseau Comeau récupère en effet la majeure partie des égouts pluviaux de Ville Saint-Gabriel. Les eaux de ruissellement, chargées de divers polluants, sont ensuite acheminées au lac sans traitement. 

Bandes riveraines

Dans ce sous-bassin versant, deux plans d'eau ont été caractérisés : le lac Lamarre et le lac Maskinongé. Sur la portion de Ville Saint-Gabriel, les rives comprennent de nombreux murets qui permettent de définir le littoral, et la plage publique n’offre pas une très belle qualité de rive. Par contre, les rives sont de bonne qualité dans les secteurs plus boisés de la Terrasse Comeau. Dans certains secteurs du lac Maskinongé, notamment près de sa décharge, et au nord du lac, on trouve des pentes faibles et des milieux humides. La ligne des hautes eaux peut alors se retrouver loin de la berge, et nous avons constaté que dans certains cas, le littoral empiète sur plus de la moitié des terrains résidentiels actuels. Les bandes riveraines en milieu agricole sont de faible qualité et ne jouent pas leur rôle de barrière.

 
 

USAGES DE L'EAU

Eau potable

 

La zone la plus urbanisée du sous-bassin versant, constituée de Ville Saint-Gabriel et d’une partie de Saint-Gabriel-de-Brandon, est alimentée par le réseau d’aqueduc de Ville Saint-Gabriel. Concernant les puits du réseau d’aqueduc, les périmètres de protection bactériologiques et virologiques de l’un d’entre eux sont situés en zone boisée, où les risques de contamination sont restreints. Par contre, les zones de protection de l’autre puits sont en zone urbaine, où les rues et les résidences sont de sources de contamination potentielles. Ce puits nécessite donc une attention plus particulière.

Périmètre de protection dessations de captage d'eau potable pour le réseau Saint-Gabrel

Navigation

 

Le lac Maskinongé est le seul lac avec rampe de mise à l’eau, permettant l’accès de bateaux à moteur, dans un rayon de 55 kilomètres (si on exclut le fleuve Saint-Laurent, à une quarantaine de kilomètres). À l’intérieur du lac Maskinongé, les embarcations à moteur qui circulent à forte vitesse peuvent provoquer des conflits d’usage, notamment avec les voiliers et les petites embarcations. Sur les rives, la problématique est liée à l’érosion dans certains secteurs et à l’arrachage des herbiers. 

Une limite de vitesse le long des rives est déjà présente, mais elle ne tient pas compte de la profondeur réelle de l’eau. Des bouées sont également mises en place en été pour baliser les zones à 10 km/h. Il serait souhaitable qu’elles soient plus nombreuses.

 

Le comité de lac formé de responsables des municipalités riverains a mis en place une inspection visuelle des embarcations au niveau des deux débarcadères publics. Par contre, le lavage des bateaux n’est pas obligatoire pour l’accès au lac. Or, de nombreux plaisanciers du lac Maskinongé font également naviguer leur bateau sur le fleuve Saint-Laurent, qui contient plusieurs espèces exotiques envahissantes.

NIVEAU DE L'EAU

Inondations et ligne des hautes eaux

 

Dans certains secteurs du lac Maskinongé, notamment près de sa décharge et au nord du lac, on trouve des pentes faibles et des milieux humides. La ligne des hautes eaux peut alors se retrouver loin de la berge et nous avons constaté que dans certains cas, le littoral empiète sur plus de la moitié des terrains résidentiels actuels. 

Au nord du lac, la gestion des risques liés aux inondations par la municipalité de Mandeville suggère que certains secteurs résidentiels se situent dans la plaine inondable 0-2 ans. Malheureusement, nous ne disposons que d’une délimitation de la zone inondable 0-20 ans autour du lac, ce qui ne permet pas aux municipalités de mettre en application, adéquatement, leur règlement de zonage. La délimitation du littoral autour du lac Maskinongé est donc une priorité, avant même de déterminer la qualité des bandes riveraines.

Barrage de Saint-Didace

 

Le niveau du lac Maskinongé est régulé par un barrage situé dans le village de Saint-Didace, sur la rivière Maskinongé. Ce barrage a été construit en 1977 à la place d’un ancien moulin à scie, qui possédait déjà un barrage au même endroit.

 

Durant les années 1970 et 1973, des crues importantes au lac Maskinongé provoquèrent d’importants dommages aux maisons sur les rives. À l’époque, une formation rocheuse située à l’exutoire du lac en régulait le niveau, mais provoquait également des embâcles. Il fut alors décidé de réaliser différents travaux sur la rivière Maskinongé pour limiter l’impact des crues :

  • Dynamitage de la formation rocheuse ;

  • Élargissement de la rivière sur un tronçon ;

  • Nettoyage des piles de l’ancien pont (cages remplies de roches).

 

Suite à ces travaux, le niveau du lac en été était plus bas, puisque la formation rocheuse qui maintenait son niveau avait disparu. Le barrage a donc été construit pour la régulation du niveau du lac en été. Il maintient le niveau à 142,65 m ± 15 cm. Le barrage n’exerce aucun contrôle sur la crue printanière. L’abaissement du niveau du lac au mois de mars a un impact négligeable ou nul sur le niveau de crue compte tenu des volumes d’eau reçus par le lac au printemps. La crue et les inondations qui en découlent sont un phénomène naturel sur lequel le barrage n’a pas d’impact.

 
 

CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Le tableau suivant résume les problématiques qui pourraient être créées ou accentuées par les changements climatiques dans le sous-bassin versant des environnements immédiats du lac Maskinongé.