Association de la gestion intégrée de la rivière Maskinongé

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COMITÉ AVISEUR DE LA RIVIÈRE MASKINONGÉ AMONT

TERRITOIRE

Portrait général

Avec une superficie de 227 km², le sous-bassin versant de la partie amont de la rivière Maskinongé compte 210 lacs, le plus grand étant le lac Blanc, et 316 hectares de milieux humides cartographiés. Du lac Maskinongé au barrage de Saint-Didace, la rivière Maskinongé parcourt une zone de faible dénivelé entre de hauts talus de loam argileux instable. Après Saint-Didace, elle forme une série de rapides. Les parois y sont rocheuses et boisées. Ce territoire comprend également le bassin de drainage de la rivière Blanche, un cours d’eau qui prend sa source au nord, dans un réseau de lacs et de ruisseaux en milieu boisé et qui se jette dans la rivière Maskinongé après le barrage de Saint-Didace.

Dans la partie amont de la rivière Maskinongé, les cultures sont concentrées le long de la rivière Maskinongé. Le sous-bassin versant comprend aussi plusieurs lacs de villégiature. Certains, en raison du mode d’occupation des rives, montrent des signes de dégradation. 

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Milieux humides

Les milieux humides sont nombreux dans le sous-bassin versant et l'on y trouve une tourbière ombrotrophe de près de 35 hectares de superficie. Cette tourbière est située exclusivement sur des terres privées, en bordure d’une ligne à haute tension. Le reste de son environnement est entièrement boisé. En raison de la pente et de la faible accessibilité des boisés qui approvisionnent la tourbière en eaux de ruissellement, ils sont peu exploités par les propriétaires.

Tourbière de St-Didace

Bandes riveraines

Quatre municipalités occupent le sous-bassin versant de la portion amont de la rivière Maskinongé. Parmi elles, les municipalités de Mandeville et de Saint-Didace possède un règlement sur la végétalisation des rives. Saint-Gabriel-de-Brandon et Saint-Édouard-de-Maskinongé n’en possèdent pas. Dans le sous-bassin versant, quatre plans d'eau ont été caractérisés : le lac Croche, le lac Long, le lac Thomas, et trois portions de la partie amont de la rivière Maskinongé.

De nombreuses portions des rives de la rivière Maskinongé sont dégradées, en particulier en secteur agricole où il n’existe aucune bande riveraine arbustive ou arborée. Le lac Thomas possède, sur sa partie ouest, des rives à l’état naturel. Ce sont ces rives qui présente la meilleure qualité. Par contre, les rives habitées montraient souvent des berges dénudées, des murets et du gazon tondu. Le nouveau règlement de la municipalité de Saint-Didace sur la végétalisation des bandes riveraines sera un outil utile pour améliorer la qualité des rives des lacs de son territoire.

 
 

BIODIVERSITÉ

Le couvert forestier du sous-bassin versant est important. On y trouve une espèce vulnérable, la tortue des bois. On la retrouve dans des secteurs habités ou en secteur agricole. Elle subit donc les pressions liées à la perte d’habitats, à l’utilisation de la machinerie, à la présence d'animaux domestiques, etc.

On localise également plusieurs frayères à maskinongé entre l’exutoire du lac Maskinongé et quelques centaines de mètres en aval du débarcadère public. La navigation est un élément perturbateur important pour ces frayères. L’inventaire le plus récent dans le sous-bassin versant de la partie amont de la rivière Maskinongé montre une présence de 21 espèces de poissons, tous indigènes au Québec.

 

Tableau I. Poissons présents dans la rivière Maskinongé depuis le lac Maskinongé jusqu’aux chutes de Sainte-Ursule (M),  le lac Lewis (L), le lac Victoria (V),  le lac Dubé (D) et le lac François (F)  

*  espèce non indigène

Source : Mongeau  et coll. (1981) Les poissons du bassin de drainage de la rivière Maskinongé ; Enviro-Guide A.L. (2011) Rapport de caractérisation de l’ichtyofaune pour la portion du ruisseau Georges-Lafrenière située entre le rang Lafrenière et le lac Maskinongé, Mandeville.

Les espèces exotiques envahissantes

 

Le myriophylle à épis est présent à Saint-Alexis-des-Monts, très proche des lacs de ce sous-bassin versant. La contamination par les espèces aquatiques envahissantes est une préoccupation de riverains des lacs. L’Association du lac Thomas a notamment mis en place, avec la collaboration de la municipalité de Saint-Didace, des panneaux pour promouvoir le lavage des bateaux le long de la route 349, à son entrée à Saint-Didace et à la limite de Saint-Alexis-des-Monts. Ils souhaitent accentuer leurs actions pour éviter une contamination de leurs lacs et une perte d’usages récréatifs.

USAGES DE L'EAU

Eau potable

 

Il existe deux réseaux d’aqueduc dans le sous-bassin versant : celui de Saint-Didace, qui alimente seulement le centre du village, et celui de Saint-Édouard-de-Maskinongé. Dans les aires de protection de la station de pompage de Saint-Didace, on trouve le centre des loisirs, mais surtout une sablière et une entreprise d’excavation. Ces activités présentent un risque important de contamination de l’eau en cas de fuite ou de déversement d’hydrocarbures.


À Saint-Édouard-de-Maskinongé, l’aire de protection virologique recouvre le périmètre urbain. Des risques de contamination de l’eau potable par les activités urbaines sont donc potentiellement présents.

Navigation

 

La portion de la rivière Maskinongé située entre le lac Maskinongé et le barrage de Saint-Didace est navigable. Les riverains de la rivière Maskinongé ont des embarcations à moteur, mais la rivière est également fréquentée pour la pêche. Les rives argileuses de la rivière Maskinongé sont fragiles et sensibles à l’érosion. Le batillage provoque la mise en suspension des argiles et accélère l’érosion des rives. La faible profondeur de l’eau à l’exutoire du lac Maskinongé induit un brassage du fond et une remise en suspension des sédiments.


Le débarcadère public est situé sur la rivière Maskinongé. Les municipalités riveraines du lac installent des bouées pour limiter la vitesse des embarcations à 10 km/h. Cependant, certaines motomarines ne sont pas en mesure de fonctionner au ralenti et ne peuvent donc pas respecter cette vitesse. La faible profondeur de l’eau, juste avant de rejoindre le lac Maskinongé, implique également un brassage des sédiments du fond.

 

NIVEAU DE L'EAU

Érosion

Le lac Long subit un problème d’ensablement dû à l’érosion des chemins, mais surtout au lessivage du sable utilisé en hiver pour traiter les routes et les chemins très pentus autour du lac. Des mesures sont prises par la municipalité de Mandeville, notamment par l’aménagement de seuils et de bassins de sédimentation dans les fossés.  


Les berges de la rivière Maskinongé, en amont du barrage de Saint-Didace, ont une hauteur importante et sont composées de loam argileux. De ce fait, elles sont sensibles à l’érosion et aux mouvements de terrain. En aval du barrage, une faible épaisseur de substrat meuble repose sur la roche. Ce substrat est également susceptible de subir des mouvements de terrain. L’érosion des rives de la rivière Maskinongé est donc un phénomène naturel. La construction de résidences ou de bâtiments en haut des talus est problématique.


La faible végétalisation de certaines rives accentue le phénomène d'érosion. Sur les rives de la rivière Maskinongé, les pentes devraient être arbustives afin d’obtenir un système racinaire qui stabilise les rives tout en évitant les décrochements dus au poids des arbres. Cependant, l’érosion et les décrochements subsisteront en raison de la nature du sol et de la hauteur des talus. On trouve également des zones à risques de glissement de terrain le long de la rivière Blanche. Les sols y sont sablonneux et peu cohésifs et certains talus sont également élevés.

Zones de glissemens de terrains dans le sous-bassin versan amont de la rivière Maskinongé

Barrage de St-Didace

 

Le barrage de Saint-Didace, le plus grand barrage de la ZGIRE, a pour fonction le maintien du niveau du lac Maskinongé en été afin de permettre des usages du lac correspondant aux exigences locales, notamment la navigation. Ce barrage a été construit en 1977 dans le village de Saint-Didace, sur la rivière Maskinongé à la place d’un ancien moulin à scie, qui possédait déjà un barrage au même endroit.

 

Durant les années 1970 et 1973, des crues importantes au lac Maskinongé provoquèrent d’importants dommages aux maisons sur les rives. À l’époque, une formation rocheuse située à l’exutoire du lac en régulait le niveau, mais provoquait également des embâcles. Il fut alors décidé de réaliser différents travaux sur la rivière Maskinongé pour limiter l’impact des crues :

  • Dynamitage de la formation rocheuse ;

  • Élargissement de la rivière sur un tronçon ;

  • Nettoyage des piles de l’ancien pont (cages remplies de roches).

 

Suite à ces travaux, le niveau du lac en été était plus bas, puisque la formation rocheuse qui maintenait son niveau avait disparu. Le barrage a donc été construit pour la régulation du niveau du lac en été. Il maintient le niveau à 142,65 m ± 15 cm. 


Le barrage de Saint-Didace est un barrage-réservoir avec des vannes sous-versantes, ce qui signifie que l’eau passe sous les vannes. En raison de son mode de régulation, il a un effet sur les débits de la rivière Maskinongé principalement quand ils sont faibles. Le débit minimal atteint n’est pas modifié par le barrage : c’est la durée pendant laquelle ce débit d’étiage perdure qui est augmentée par la régulation du barrage. D’autre part, dans un souci d’équité, il est difficilement acceptable qu’un lac conserve un niveau constant en temps de sécheresse alors que la rivière en aval manque d’eau.


Comme le barrage est destiné à réguler le niveau des eaux du lac Maskinongé, ce sont les municipalités de Ville Saint-Gabriel, Saint-Gabriel-de-Brandon, Mandeville et Saint-Didace qui peuvent demander conjointement une modification du mode de gestion du barrage, même s’il est évident que les municipalités en aval subissent elles aussi les conséquences de sa gestion.


Si l'on appliquait un mode de gestion du débit minimal prenant en compte le niveau du lac Maskinongé, on obtiendrait les années de moyennes ou fortes précipitations estivales un niveau du lac Maskinongé équivalent ou même supérieur à celui du mode de gestion actuel. Par contre, les années de sécheresse, on diminuerait davantage le niveau du lac afin de maintenir des conditions plus favorables à la faune aquatique en aval du barrage.

 
 

CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Le tableau suivant résume les problématiques qui pourraient être créées ou accentuées par les changements climatiques dans le sous-bassin versant de la rivière Maskinongé amont.