Association de la gestion intégrée de la rivière Maskinongé

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COMITÉ AVISEUR DE LA RIVIÈRE MANDEVILLE

TERRITOIRE

Avec une superficie de 47 km², le sous-bassin versant de la rivière Mandeville est majoritairement composé d’un couvert forestier. On y compte 40 lacs, le plus grand étant le lac Mandeville, et 38 hectares de milieux humides cartographiés. La rivière Mandeville prend naissance dans le lac Mandeville, un lac peu profond situé dans des terres argileuses. Le lac Mandeville est principalement alimenté par le ruisseau Déligny, qui vient du lac du même nom en milieu boisé. Les cultures, principalement pérennes, se concentrent autour du lac Mandeville et le long de la rivière Mandeville pour l’essentiel.

La colonisation des lacs Mandeville et Déligny a débuté en 1836-37. Les terres autour du lac Mandeville ont probablement été utilisées pour l’agriculture dès le début du XXe siècle. Le lac, depuis des décennies, a subi la pollution combinée des activités agricoles, mais également des activités forestières du secteur. La villégiature a quant à elle débuté dans les années 1950, bien après les autres activités. Entre 1960 et 2013, de nombreuses parcelles ont été reboisées, ce qui a diminué le ruissellement vers le lac Mandeville. Depuis 2008, une porcherie a fermé, diminuant ainsi le nombre de porcs élevés dans les environs immédiats du lac, et dont le lisier était épandu sur les terres en périphérie du lac Mandeville.  Actuellement, l’épandage sur la majorité des terres autour du lac Mandeville est réalisé avec du fumier de poule provenant de poulaillers extérieurs au sous-bassin versant.

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BIODIVERSITÉ

La faune

Le lac Mandeville est un milieu riche en biodiversité. Le maskinongé y est présent ainsi que de nombreuses espèces de poissons. La faune ornithologique y est également abondante et attire de nombreux ornithologues amateurs. Les herbiers présents sur les rives du lac et les milieux humides situés à son exutoire constituent des habitats aquatiques importants pour les amphibiens, les poissons et les oiseaux aquatiques. Le niveau d’eutrophisation n’empêche donc pas une biodiversité importante qu’il est fondamental de mettre en valeur et de préserver. Si certaines berges envasées ne rendent pas le lac propice à la baignade, il est par contre un lieu de pêche et d’observation de la faune.

L’inventaire le plus récent dans le lac Mandeville et ses affluents montre une présence de 25 espèces de poissons, 23 étant indigènes et 2 étant non indigène au Québec.

Tableau I. Poissons présents dans le lac Mandeville et ses affluents

*  espèce non indigène

Source : Mongeau  et coll. (1981) Les poissons du bassin de drainage de la rivière Maskinongé ; Enviro-Guide A.L. (2011) Rapport de caractérisation de l’ichtyofaune pour la portion du ruisseau Georges-Lafrenière située entre le rang Lafrenière et le lac Maskinongé, Mandeville.

Les espèces exotiques envahissantes

 

Les riverains du lac Mandeville ont, depuis 2018, entamé des actions pour diminuer l’implantation du phragmite autour du lac, et notamment dans un milieu humide situé près de l’embouchure du lac. Ils craignent que le phragmite se répande peu à peu, diminuant la biodiversité des rives et des milieux humides du lac. 

QUALITÉ DE L'EAU

Régime hydrologique du lac Mandeville

 

Le lac Mandeville est un lac de 170 hectares. C'est un lac peu profond, de 6 mètres au maximum, qui ne possède pas de stratification thermique et qui ne subit donc pas d’inversion thermique comme le lac Matambin ou le lac Maskinongé. Il se situe dans une vallée couverte d’alluvions qui possèdent un certain potentiel agricole, limité cependant par une forte imperméabilité des sols. L’agriculture s’est développée en priorité au sud du lac, dont le potentiel agricole est meilleur. Des cultures annuelles sont également pratiquées au nord et à l’ouest, mais nécessitent un drainage souterrain pour contrer la rétention de l’eau par le sol.

 

Le volume du lac a été évalué grâce à sa bathymétrie, à 5 176 000 mètres cubes. En considérant les débits de crue, d’étiage et le débit moyen annuel à l’exutoire du lac Mandeville, il est possible d’évaluer le taux de renouvellement de la masse d’eau dans le lac Mandeville (Tableau II).

 

L’eau du lac Mandeville se renouvelle en quelques jours au printemps. Comme son bassin versant est en majorité boisé, ce sont des eaux peu chargées qui alimentent le lac à cette période, ce qui explique les valeurs faibles en phosphore et élevées pour la transparence mesurées au début de l’été dans le cadre du réseau de surveillance volontaire des lacs (RSVL).

Tableau II. Débits caractéristiques à l'exutoire du lac Mandeville et vitesse de renouvellement de l'eau du lac

Cyanobactéries et eutrophisation

 

Le lac Mandeville est eutrophe et les éclosions de cyanobactéries y sont récurrentes. Ces fleurs d’eau ont parfois conduit à des avis de santé publique en raison de taux élevés de cyanotoxines. L’accumulation de phosphore et d’azote dans les sédiments liée aux décennies d’une agriculture intensive, tant dans le lac Mandeville que dans certains de ses tributaires, continue de générer des apports au lac Mandeville.

La qualité des eaux du lac Mandeville est surveillée depuis longtemps. La première diagnose date des années 1960 et d’autres études ont
suivi dans les années 1990 et 2000. Le lac possède des concentrations moyennes en phosphore supérieures à 30 μg/L, et il est défini comme
eutrophe selon les critères du MELCC depuis 2004. En plus de la dégradation de la qualité de l’eau, les sédiments du fond du lac sont très
chargés en phosphore, ce qui entraîne un relargage interne du phosphore.

Depuis 2004, le lac Mandeville est analysé dans le cadre du réseau de surveillance volontaire des lacs. Trois paramètres permettant de caractériser son degré d’eutrophisation sont analysés (phosphore total, chlorophylle a, transparence). Plusieurs facteurs expliquent le caractère eutrophe du lac Mandeville :

  • Le lac Mandeville est un lac peu profond situé sur un substrat argileux ;

  • L’agriculture a entraîné un déboisement précoce et des apports en nutriments et sédiments importants à travers l’épandage de fumiers et lisiers et l’érosion des terres ;

  • Les résidences situées sur les rives du lac ont pendant longtemps dégradé les rives. Les systèmes individuels de traitement des eaux ont généré une contamination des eaux pendant de nombreuses années avant leur mise aux normes.

Les apports en phosphore d’origine agricole ont fortement diminué depuis les 20 dernières années, notamment en raison de l’amélioration des pratiques agricoles, de la mise en place de normes pour l’épandage et des actions menées par les acteurs locaux, par exemple, le Comité des citoyens du lac Mandeville. Des efforts importants de sensibilisation ont été réalisés par le Comité des citoyens du lac Mandeville. Grâce à leur action et à la mise en place d’un règlement municipal sur la végétalisation des bandes riveraines, la qualité des rives s’est nettement améliorée durant ces dernières années.

Bandes riveraines

Des efforts importants de sensibilisation ont été réalisés par le Comité des citoyens du lac Mandeville. Grâce à leur action, et à la mise en place d’un règlement municipal sur la végétalisation des bandes riveraines, la qualité des rives s’est nettement améliorée durant ces dernières années. Pour aider les riverains dans le choix de leurs végétaux, un herbier du lac Mandeville avait été réalisé par le Comité des citoyens. Les rives du lac Mandeville sont peu boisées mais on retrouve de plus en plus d’herbiers et d’arbustaies naturelles autour du lac, ce qui est très bénéfique à la qualité de l’eau, mais aussi à la biodiversité. Dans le sous-bassin versant, deux plans d'eau on été caractérisés : le lac Mandeville et le lac Deligny.

 
 

CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Le tableau suivant résume les problématiques qui pourraient être créées ou accentuées par les changements climatiques dans le sous-bassin versant de la rivière Mandeville.